E R O T I S M E.......B A R O Q U E
Ne trouvant rien de plus dégradant pour l'amour, que des étreintes improvisées, banales, brutales, je soumet cette carte a l'homme qui me plait. Tel un menu, il utiliserait en me désignant du doigt, soir aprés soir, ce qu'il souhaite.
1) Les supplice d'Ulysse et des sirènes.
Ulysse, on s'en souvient, se fit attacher au mât de son navire pour resister au chant envellopant des sirènes. Mon seigneur sera pareillement attaché à une colonne, le moin vêtu possible, avec un bandeau qui l'empechera de voir, un autre de parler? La sirène tournera autour de lui, l'effleurant sans le toucher, et lui murmurera à l'oreille tout ce qu'elle désire lui infliger. Si la sirène est douée d'imagination et mon seigneur aussi, les scènes évoquées devraient produire autant d'effet - voire d'avantage - que si elles étaient accomplies.
2) Les délices de Prométhée.
Prométhée, puni par Zeus, fut enchainée à un rocher et subit dès lors les attaques d'un aigle qui venait lui dévorer le foie? je propose d'enchainer mon seigneur à quelque chose d'aussi solide qu'un rocher mais de lui dévorer autre chose. Et ce autant de fois qu'il le voudra.
3) La visite en rêve.
Pour les grecs anciens, tout rêve était une visite des dieux. Mon seigneur sera le rêveur, dans le lit, étendu nu sur le dos, et je le persuaderai qu'Aphrodite, la déesse des voluptés, le rejoint pendant son sommeil. A condition qu'il n'ouvre pas les yeux, ne tende pas la main, en un mot ne bouge pas, sauf les reins légèrement, je me chargerai de monter sur lui et de réaliser les mouvements subtils qui nous amèneront à une jouissance réciproque.
Variante: je serai la rêveuse et mon seigneur le visiteur.
4) La joueuse de flûte.
Mon seigneur sera la flùte, moi la musicienne. Je jouerais en virtuose de son instrument. Bonne interprète, je tiens à préciser que je m'adonne à la flùte à bec comme à la flute travèrsière. La première se saisit dans la bouche, la deuxième se caresse sur le côté.
5) L'ours et la ruche.
Mon seigneur sera un ours courant aprés le nectar des fleurs tandi que je figurerai la ruche, inabordable, aussi malaisée à trouver qu'a atteindre. Puis lorsque l'ours aura assuré une position qui rend la chose praticable pour lui comme pour moi, je l'autoriserai à dévorer ce miel de sa langue inépuisable.
6) La boule originelle.
Aristophane rapporte que l'homme et la femme, à l'origine, constituaient un même corp. Un corp sphérique puis qu'ils ont été séparés, le mâle d'un côté, la femelle de l'autre. Nous nous risquerons à reformer la boule originelle, nous collant l'un contre l'autre, emboîtant l'un dans l'autre ce qui s'emboite. Les points de jonction sous le ventre occasionneront des soins particuliers. Cela s'executera en bougeant trés peu afin que les sensations s'affinent, perdurent. Néanmoins, la sphère, comme chaque sphère, à le droit de rouler sur le lit ou sur les tapis.
7) La boule désorientée.
Il s'agit de reformer la boule en se trompant, car tout le monde n'est pas doué pour la géométrie. Ainsi la tete de mon seigneur investiguera entre mes cuisses tandis que moi je fouillerais entre les siennes. Quoique cela soit promis à l'échec, nous essaierons néanmoin de nous joindre, attrapant dans nos bouches ce que nous trouvons du corp de l'autre.
8 ) Les gardiens de phare.
Un poète prétendait qu'aimer, c'est regarder enssemble dans la même direction.
C'est ce que nous tenterons, tels des guetteurs sur un dangereux récif, moi devant, mon seigneur derrière.
9) Le voyage de tirésias.
Certains se rapellent cet éminent Grec comme un devin, d'autre comme le seul individu avoir eu les deux sexes car la légende raconte qu'il fut succesivement mâle et femelle. Mon seigneur et moi, nous déciderons de revivre les expériences de Tirésias: de la femme, mon seigneur prendra les attitudes; de l'homme, je prendrai les attributs.
10) La courgette aux melons.
Vieille recette de la mer Egée qui consiste à présenter la
courgette entre deux melons jusqu'a en extraire le jus.
11) L'attente au labirynthe.
Qu'est-ce qu'un labirynthe ? Un lieu où l'on se perd, une cloison qui en masque une autre, une issue trompeuse, un centre névralgique mystérieux, jamais atteint. Le jeu consistera à multiplier, comme le prisonnier du labirynthe, les approches préliminaires, à se tromper de porte, à frotter la mauvaise paroi, à chatouiller l'endroit d'à côté, bref, à gagner lentement le point de jouissance. Il n'est pas interdit d'y arriver, mais le plus tard possible.
12 ) Les jeux Olympiques.
Comme des athlètes antiques, mon seigneur et moi serons nus, couverts d'huile. Deux solutions s'offrent alors à nous : La lutte ou le soin. Dans la lutte, chaqun s'efforcera de réduire l'autre à sa merci. Dans le soin, l'un massera l'autre. Les deux activités ne sont pas incompatibles et peuvent se succéder. Aucune prise n'est exclue, aucune caresse non plus.
13) Les neiges du Parnasse.
Quand le mont Parnasse est poudré de neige, le froid laisse un souvenir cuisant sur la peau; et pourtant, les dieux s'y unissent. Nous ferons donc, mon seigneur et moi, l'amour comme des dieux, avec la chair rougie non par la neige, mais par les coups.
<< Si tu as lu jusqu'ici, c'est que ton ésprit cherche à reproduire ces scènes magiques
avec celui ou celle que tu admires en remplaçant ce seigneur et sa compagne par vous. >>